Laurie Callac

Distorsions cognitives et TCA : comment les reconnaître et les déconstruire

distorsions cognitives

Dans les troubles du comportement alimentaire (TCA), l’alimentation n’est jamais le seul enjeu. Les pensées occupent une place centrale : pensées sur le corps, le poids, la nourriture, la valeur personnelle, le contrôle.

 

En thérapie cognitivo-comportementale (TCC), on observe que certaines pensées automatiques reviennent de manière répétée et contribuent à maintenir le trouble. Ces pensées ne sont ni choisies, ni volontaires. Elles sont souvent anciennes, rigides, et perçues comme des vérités. Les identifier est une étape essentielle pour pouvoir progressivement s’en dégager.

Les pensées automatiques, quésako ?

Les pensées automatiques sont des pensées rapides, spontanées, souvent non verbalisées et vécues comme des faits plutôt que comme des hypothèses.

 

Dans les TCA, elles apparaissent fréquemment : avant de manger, après avoir mangé, face au miroir, en comparaison avec les autres, lors de variations de poids ou de sensations corporelles. 

 

Comme toutes pensées, elles influencent directement les émotions (culpabilité, honte, anxiété) et les comportements (restriction, crises, compensations, évitement)

Distorsions cognitives : quand la pensée devient rigide

On parle de distorsions cognitives lorsque la pensée est biaisée, exagérée ou simplifiée, et qu’elle amplifie la souffrance psychique.

 

Ces distorsions ne sont pas propres aux TCA, mais elles y sont particulièrement fréquentes et puissantes, notamment autour des thèmes du contrôle, de la perfection et de la valeur personnelle.

Distorsions cognitives fréquentes dans les TCA

1. La pensée tout ou rien

Il n’existe aucune nuance : un écart devient un échec total. Cette pensée favorise les cycles restriction → crise → culpabilité.

"Soit je mange, soit j'ai tout raté"
2. La catastrophisation

La conséquence est imaginée comme grave, immédiate et irréversible, sans base factuelle solide.

« Si je mange ça, je vais prendre du poids immédiatement. »
3. La surgénéralisation

Un événement ponctuel est interprété comme une règle générale.

« J’ai perdu le contrôle aujourd’hui, donc je n’y arriverai jamais. »
4. Les exigences irréalistes

Ces règles internes rigides créent une pression constante et une intolérance à l’imperfection.

« Je dois toujours me contrôler. »
« Je ne dois jamais ressentir de faim. »
5. La dévalorisation personnelle

La difficulté est attribuée à un défaut personnel, plutôt qu’à un trouble psychique complexe.

« Je suis faible. »
« Je n’ai aucune volonté. »
6. La lecture de pensée

Des intentions négatives sont prêtées aux autres, sans preuve objective.

« Les autres voient que j’ai grossi. »
« Ils me jugent quand je mange. »

Pourquoi ces pensées entretiennent le TCA

Ces pensées ne sont pas anodines et jouent un rôle actif dans le maintien du trouble.

 

Elles peuvent renforcer l’anxiété avant les repas, augmenter la culpabilité après avoir mangé, justifier la restriction ou les compensations, fragiliser l’estime de soi et donner l’illusion d’un contrôle nécessaire à l’équilibre émotionnel.

 

À court terme, certains comportements associés peuvent soulager.
À long terme, ils renforcent le cercle du TCA.

Le travail en TCC

En TCC, la première étape n’est pas de « changer » ses pensées, mais de les repérer.

 Cela passe par :

  • apprendre à ralentir

  • identifier les situations déclenchantes

  • noter les pensées automatiques telles qu’elles apparaissent

  • observer les émotions et comportements associés

Ce travail d’observation permet de prendre une distance progressive avec la pensée, sans la combattre frontalement.

Questionner les pensées dysfonctionnelles

Une fois la pensée identifiée, le travail consiste à l’examiner avec curiosité, et non avec jugement.

 

Quelques questions fréquemment utilisées en TCC :

  • Sur quoi se base cette pensée ?

  • Est-ce un fait ou une interprétation ?

  • Existe-t-il des contre-exemples ?

  • Que dirais-je à un proche dans la même situation ?

  • Cette pensée m’aide-t-elle ou m’enferme-t-elle ?

L’objectif n’est pas de se rassurer artificiellement, mais de retrouver de la nuance.

Vers des pensées plus adaptées

Avec le temps et l’accompagnement thérapeutique, les pensées peuvent devenir moins automatiques, moins rigides, plus nuancées et moins auto-accusatrices.

 

Par exemple :

  • Passer de « j’ai tout raté » à « c’était difficile aujourd’hui, mais cela ne résume pas mon parcours »

  • Passer de « je n’ai aucune volonté » à « je fais face à un trouble qui demande un accompagnement »

Ce changement cognitif s’accompagne souvent d’une diminution de la souffrance émotionnelle et d’une plus grande flexibilité comportementale.

Un travail qui s'inscrit dans un cadre thérapeutique

Travailler sur les distorsions cognitives peut être inconfortable. En effet, certaines pensées sont profondément ancrées et liées à l’histoire personnelle, émotionnelle ou traumatique.

 

C’est pourquoi ce travail gagne à être réalisé :

  • dans un cadre sécurisant

  • avec un·e professionnel·le formé·e

  • en respectant le rythme de la personne

La TCC ne vise pas la perfection, mais une relation plus souple et plus apaisée à soi-même.

En résumé

Dans les TCA :

  • les pensées automatiques jouent un rôle central

  • les distorsions cognitives entretiennent la souffrance

  • les identifier est une première étape essentielle

  • la TCC permet de les questionner et de les assouplir progressivement

Changer sa relation à ses pensées, ce n’est pas nier la difficulté,
c’est ouvrir un espace de choix là où il n’y avait que des automatismes.

Les thérapies cognitives et comportementales : comment ça marche ?

tcc

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est aujourd’hui l’une des approches psychothérapeutiques les plus utilisées et les plus étudiées.
Elle est notamment recommandée dans la prise en charge de nombreux troubles psychiques, dont les troubles du comportement alimentaire (TCA), les troubles anxieux, la dépression ou encore le trouble de stress post-traumatique.

 

Mais concrètement, comment fonctionne une TCC ?
Et à quoi peut-on s’attendre lorsqu’on s’engage dans ce type de travail thérapeutique ?

Qu'est-ce que la TCC ?

La thérapie cognitivo-comportementale est une approche psychothérapeutique qui s’intéresse aux interactions entre les pensées, les émotions et les comportements.

L’idée centrale est la suivante :

Ce ne sont pas uniquement les situations que nous vivons qui influencent notre souffrance, mais surtout la manière dont nous les interprétons et la façon dont nous y réagissons.

La TCC ne cherche pas à analyser le passé pour lui-même, mais à comprendre ce qui se joue ici et maintenant, et comment certains mécanismes entretiennent la difficulté.

Le modèle pensées-émotions-comportements

En TCC, on s’appuie sur un modèle simple et structurant.

  • Les pensées : ce que je me dis face à une situation

  • Les émotions : ce que je ressens (peur, tristesse, colère, honte…)

  • Les comportements : ce que je fais (ou évite de faire)

Ces trois éléments sont en interaction constante.

 

Par exemple :

  • une pensée anxieuse peut intensifier une émotion désagréable

  • une émotion difficile peut conduire à un comportement d’évitement

  • ce comportement peut renforcer la pensée initiale

La TCC vise à identifier ces cercles vicieux pour pouvoir progressivement les modifier.

Le rôle central de la psychoéducation

Un élément fondamental de la TCC est la psychoéducation.

Cela consiste à :

  • comprendre son fonctionnement psychologique

  • mettre des mots sur ce qui se passe

  • donner du sens aux réactions émotionnelles et comportementales

La psychoéducation permet de sortir de l’idée que « quelque chose ne va pas chez moi » pour comprendre que :

 

Les réactions observées sont souvent des réponses apprises

qui ont pu être utiles à un moment donné, mais qui ne le sont plus aujourd’hui.

Cette compréhension est une première étape thérapeutique essentielle.

Les pensées automatiques et les distorsions cognitives

En TCC, on s’intéresse particulièrement aux pensées automatiques.

Ce sont des pensées : rapides, souvent involontaires, perçues comme des faits, et non comme des hypothèses.

 

Certaines de ces pensées sont ce que l’on appelle des distorsions cognitives, c’est-à-dire des manières de penser biaisées qui amplifient la souffrance.

 

Parmi les plus fréquentes :

  • la pensée « tout ou rien »

  • la catastrophisation

  • la surgénéralisation

  • la lecture de pensée

  • l’auto-critique excessive

Le travail en TCC ne consiste pas à « penser positif », mais à apprendre à questionner ses pensées, 

les remettre en perspective et développer des pensées plus nuancées et plus aidantes.

Le travail sur les comportements

La TCC ne se limite pas aux pensées. Les comportements occupent une place centrale dans le travail thérapeutique.

 

Certains comportements, même s’ils soulagent à court terme, peuvent entretenir le problème : évitements, contrôles excessifs, compulsions, rituels, restrictions, comportements de réassurance…

 

En TCC, on travaille à :

  • repérer ces comportements

  • comprendre leur fonction

  • expérimenter progressivement des alternatives plus adaptées

Ce travail se fait de manière graduée, dans un cadre sécurisant et collaboratif.

A quoi peut-on s'attendre dans un suivi en TCC ?

Un accompagnement en TCC se caractérise généralement par :

  • des objectifs définis ensemble

  • une posture collaborative

  • un travail actif entre les séances

  • des outils concrets adaptés à chaque personne

La TCC n’est ni une méthode « magique », ni une simple application de techniques. Elle repose sur une alliance thérapeutique, une compréhension fine du fonctionnement de la personne, et un ajustement constant du travail proposé. Les changements se font souvent progressivement, avec des avancées et parfois des résistances, qui font partie intégrante du processus.

En résumé

La thérapie cognitivo-comportementale permet de mieux comprendre son fonctionnement, d’identifier les mécanismes qui entretiennent la difficulté, d’agir à la fois sur les pensées et les comportements, pour retrouver progressivement une marge de liberté.

Elle s’inscrit dans une démarche structurée, collaborative et validée scientifiquement, tout en restant profondément humaine et individualisée.

idées reçues tca

Comprendre les TCA : au-delà des idées reçues

idées reçues tca

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont souvent entourés d’idées reçues. Ils sont parfois perçus comme une question de volonté, une recherche de minceur, ou une « mode » influencée par la société actuelle.
En réalité, les TCA sont des troubles psychiques complexes, reconnus comme tels par les classifications internationales (DSM-5, CIM-11), et dont les mécanismes vont bien au-delà de l’alimentation.

Comprendre ce que sont réellement les TCA permet de mieux les repérer, 

de réduire la culpabilité, et d’ouvrir la voie à une prise en charge adaptée.

Que regroupe le terme « troubles du comportement alimentaire » ?

Les TCA correspondent à un ensemble de troubles caractérisés par une perturbation durable du rapport à l’alimentation, au corps et au poids, associée à une souffrance psychique significative.

Selon les classifications internationales (DSM-5-TR, ICD-11), les principaux TCA sont :

    • l’anorexie mentale
    • la boulimie nerveuse
    • l’hyperphagie boulimique

Ces troubles peuvent concerner toute personne, quel que soit l’âge, le genre ou le poids.

Les TCA ne sont pas définis par le poids seul, mais par les comportements,

 les pensées et les émotions associés à l’alimentation.

L'anorexie mentale

L’anorexie mentale se caractérise par :

    • une restriction alimentaire importante
    • une peur intense de prendre du poids
    • une altération de la perception du corps
    • une forte préoccupation autour du contrôle alimentaire

Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas d’un « régime qui a mal tourné ».

La restriction remplit souvent une fonction psychologique : apaiser une anxiété, reprendre un sentiment de contrôle, éviter certaines émotions.

 

L’anorexie mentale est associée à des risques médicaux sérieux et nécessite une prise en charge spécialisée

La boulimie nerveuse

La boulimie se manifeste par :

    • des épisodes de crises alimentaires (ingestion rapide et importante de nourriture avec perte de contrôle)
    • des comportements compensatoires (vomissements, jeûne, exercice excessif, laxatifs)
    • une forte honte et un sentiment de perte de contrôle

Les personnes souffrant de boulimie ont souvent un poids dans la norme, ce qui contribue à l’invisibilisation du trouble.

La crise n’est pas un manque de volonté : elle correspond à un mécanisme de régulation émotionnelle, 

souvent suivi d’une culpabilité intense qui entretient le cercle du trouble.

L'hyperphagie boulimique

L’hyperphagie boulimique est caractérisée par : des crises alimentaires similaires à celles de la boulimie sans comportements compensatoires, ou du moins pas « suffisants » pour éviter une prise de poids.

 

Elle s’accompagne fréquemment de :

    • culpabilité
    • honte
    • détresse émotionnelle
    • sentiment d’échec personnel

Ce trouble est encore trop souvent réduit à un « problème de gourmandise » ou de poids, 

alors qu’il s’agit d’un trouble psychique reconnu, associé à une souffrance réelle.

Les idées reçues

❌ Une mode ?

 

Les TCA sont décrits dans la littérature médicale depuis plus d’un siècle.
Ils existent bien avant les réseaux sociaux et les standards actuels de beauté.

 

❌ Un simple régime ?

 

Un régime est ponctuel et flexible.
Un TCA est envahissant, rigide, et s’impose à la personne malgré ses conséquences négatives.

 

❌ Un manque de volonté ?

 

Les personnes souffrant de TCA font souvent énormément d’efforts pour aller mieux.
Le trouble se maintient non par choix, mais parce qu’il répond à des mécanismes psychologiques profonds.

Pourquoi est-il important de mieux comprendre les TCA ?

Mieux comprendre les TCA permet :

    • de sortir de la culpabilité
    • de reconnaître la souffrance sous-jacente
    • de favoriser un accompagnement adapté
    • de rappeler qu’un rétablissement est possible, avec un suivi approprié 

Les TCA ne définissent pas une personne.
Ils sont le signe qu’un équilibre émotionnel, psychique ou relationnel est mis à mal 

— et qu’il mérite d’être pris en compte.

Faut-il absolument guérir d’un trouble du comportement alimentaire (TCA) ?

guérir tca

Lorsqu’on parle de guérison des troubles du comportement alimentaire (TCA), on imagine souvent un chemin linéaire, avec un avant et un après, un “malade” et un “guéri”. Pourtant, la réalité est bien plus complexe.


Si tu souffres d’un TCA, tu t’es peut-être déjà posé cette question : Est-ce que je veux vraiment guérir ?


La guérison peut faire peur. Elle implique de lâcher des repères, de remettre en question des mécanismes ancrés depuis des années et d’accepter de l’inconnu. Et parfois, il semble plus facile de rester dans ce qu’on connaît, même si c’est douloureux.


Alors, faut-il absolument guérir ? Est-ce possible de vivre avec un TCA sans chercher à s’en défaire totalement ? Dans cet article, nous allons explorer les ambivalences liées à la guérison et proposer une approche bienveillante et réaliste de ce processus.

1. Pourquoi la guérison fait peur ?

Si l’idée de guérir te semble effrayante, sache que c’est totalement normal. La plupart des personnes souffrant d’un TCA ressentent une ambivalence face à la guérison.

Perte de contrôle et peur de l’inconnu

Un TCA donne l’illusion du contrôle. Même si la souffrance est présente, il y a une forme de “sécurité” dans les règles alimentaires, les rituels et les habitudes mises en place. Guérir signifie accepter de lâcher ce contrôle et de s’aventurer vers un terrain inconnu.

 

💡 Et si le contrôle absolu était justement ce qui entretient ta souffrance ?

Identité et peur de se perdre

Un TCA occupe souvent une place énorme dans la vie de la personne concernée. Il structure les journées, les pensées, les interactions sociales. À tel point qu’on peut en venir à se demander : Qui suis-je sans mon trouble ?

 

La guérison implique de redécouvrir son identité en dehors du TCA, ce qui peut être vertigineux au début.

 

💡 Tu n’es pas ton trouble. Derrière le TCA, il y a une personne avec des valeurs, des envies et une richesse qui méritent d’être explorées.

Peur de prendre du poids / modifier son corps

L’image corporelle est souvent au cœur des TCA, et l’idée de relâcher la restriction ou d’accepter des changements physiques peut provoquer une forte angoisse. Beaucoup de personnes hésitent à guérir par peur de ne plus se reconnaître dans leur corps.

 

💡 La guérison ne signifie pas forcément un changement radical de ton apparence, mais un apaisement de ton regard sur toi-même.

Peur de ne plus être “spécial”

Les TCA s’accompagnent parfois d’un sentiment d’exception, d’un besoin de se distinguer des autres. Certaines personnes ressentent que leur souffrance leur donne une identité, une raison d’être. L’idée de guérir peut alors sembler synonyme de banalité ou d’abandon de ce qui les rend “uniques”.

 

💡 Et si ta singularité résidait ailleurs que dans ta souffrance ?

2. Peut-on vivre avec un TCA sans chercher à guérir ?

Certaines personnes choisissent de ne pas entamer de démarche de guérison active. Elles s’accommodent de leur trouble, trouvant un certain équilibre malgré les difficultés. Mais est-ce viable sur le long terme ?

 

Tant que le TCA prend une place importante dans ta vie, il limite tes possibilités.

  • Il peut impacter ta santé physique (carences, fatigue, troubles digestifs, douleurs chroniques…).

  • Il affecte ton moral et ton bien-être émotionnel.

  • Il complique les relations sociales, professionnelles et affectives.

  • Il t’empêche de vivre pleinement certaines expériences (repas entre amis, voyages, spontanéité…).

💡 Vivre avec un TCA, c’est souvent vivre dans une cage dorée : une illusion de maîtrise, mais beaucoup de souffrance en arrière-plan.

3. Que signifie réellement “guérir” ?

La guérison des TCA ne signifie pas forcément “manger parfaitement” ou “ne plus jamais avoir de pensées négatives” sur son corps.

 

La guérison, c’est avant tout :


✅Ne plus être esclave de la nourriture : pouvoir manger sans culpabilité, sans compulsion ni contrôle excessif.
Vivre en paix avec son corps : sans être obsédé.e par le poids ou la silhouette.
Avoir un espace mental libéré : ne plus passer ses journées à penser à la nourriture.
Pouvoir profiter des moments sociaux sans angoisse.
Se reconnecter à ses émotions, ses envies et ses besoins réels.

 

💡 Plutôt que de voir la guérison comme un abandon, et si tu la voyais comme une LIBÉRATION ?

4. Comment avancer vers la guérison sans brusquer les choses ?

Si l’idée d’une guérison totale te semble trop effrayante ou inaccessible aujourd’hui, tu peux commencer par de petits pas. L’important est d’avancer à ton rythme, sans pression.

 

1. Accepter l’ambivalence
Il est normal d’avoir peur. Il est normal d’hésiter. La clé est de ne pas se juger pour cela.

 

2. Se poser les bonnes questions

  • Que m’apporte mon TCA aujourd’hui ?

  • Que me coûte-t-il au quotidien ?

  • Qu’est-ce que je pourrais gagner en m’en libérant, même partiellement ?

3. Tester des micro-changements

  • Introduire un aliment “interdit” sans culpabiliser.

  • Laisser plus de place à la spontanéité dans son alimentation.

  • Observer ses émotions sans chercher à les fuir à travers la nourriture.

4. Se faire accompagner
La guérison est un chemin difficile à faire seul.e. Un psychologue spécialisé peut t’aider à avancer avec bienveillance et sans brusquer les choses.

5. Faut-il absolument guérir ?

La réponse est personnelle. Personne ne peut t’obliger à guérir, mais tu mérites d’aller mieux. Si aujourd’hui tu n’es pas prêt.e à guérir complètement, c’est OK. Mais peut-être peux-tu explorer l’idée qu’il existe un mieux-être entre la souffrance actuelle et la guérison totale. Il ne s’agit pas d’un “tout ou rien”. Chaque petit pas vers un rapport plus apaisé avec toi-même est déjà une forme de guérison.

 

💡 Et si, plutôt que de te demander si tu dois guérir, tu te demandais simplement : “Et si je souffrais un peu moins ?”

Pourquoi j’ai des compulsions alimentaires le soir ?

compulsions alimentaires

Les compulsions alimentaires du soir sont un phénomène courant chez de nombreuses personnes, en particulier celles qui souffrent ou ont souffert de troubles du comportement alimentaire (TCA).


Ces épisodes peuvent générer de la culpabilité, un sentiment de perte de contrôle et un cercle vicieux difficile à briser. Mais pourquoi ces crises surviennent-elles principalement le soir ? Et comment les comprendre pour mieux les apaiser ?


Dans cet article, nous allons explorer les principales causes des compulsions alimentaires nocturnes et proposer des pistes concrètes pour en sortir.

1. La restriction alimentaire de la journée : le corps réclame son dû

L’une des causes principales des compulsions alimentaires du soir est la restriction alimentaire consciente ou inconsciente durant la journée.

Comment ça fonctionne ?

Quand on ne mange pas assez au cours de la journée (que ce soit par un régime restrictif, un oubli de repas ou un stress trop important), le corps entre en mode privation. Résultat : en fin de journée, les signaux de faim deviennent beaucoup plus intenses, rendant la compulsion quasi inévitable.

Imagine une élastique que tu tires progressivement… 
Au bout d’un moment, il finit par lâcher violemment : c’est la compulsion !
Signes que la restriction joue un rôle dans tes compulsions
  • Tu sautes des repas ou tu manges très peu le matin et/ou le midi.

  • Tu évites certains aliments jugés “interdits” dans la journée.

  • Tu ressens une faim décuplée en soirée et une perte totale de contrôle

Solutions
    • Assurer un apport suffisant en journée, notamment avec des repas équilibrés et des collations adaptées.

    • Réintroduire des aliments “interdits” progressivement pour diminuer la frustration et l’effet “interdit = désiré”.

    • Écouter sa faim et ne pas attendre d’être affamé pour manger.

2. La fatigue décisionnelle : ton cerveau est épuisé

Tout au long de la journée, ton cerveau prend des centaines de décisions : travailler, répondre aux emails, gérer des interactions sociales, etc. En soirée, la fatigue mentale réduit ta capacité à résister aux impulsions, notamment alimentaires.

Pourquoi c’est plus difficile le soir ?
  • Moins d’énergie cognitive : ton cerveau a “épuisé” ses ressources de contrôle.

  • Besoin de récompense : la nourriture devient un moyen rapide de relâcher la pression.

  • Habitude ancrée : si manger le soir est devenu un automatisme, ton cerveau l’intègre comme un “rituel”.

Solutions
  • Réduire la charge mentale en planifiant ses repas à l’avance.

  • Prendre le temps de se détendre avant les repas (ex : respiration, méditation, marche).

  • Adopter des rituels du soir alternatifs (lire, écouter de la musique, prendre un bain…).

3. L’impact des émotions refoulées

Les compulsions alimentaires ne sont pas toujours liées à la faim. Parfois, elles sont une réponse à des émotions non exprimées :

 

  • Stress et anxiété : manger devient un moyen de calmer un trop-plein émotionnel.

  • Solitude ou ennui : la nourriture comble un vide émotionnel temporaire.

  • Tristesse ou colère : les aliments réconfortants apportent un soulagement immédiat.

“Quand je mange, j’oublie tout”... jusqu’à ce que la culpabilité prenne le relais.
Solutions
  • Identifier ses émotions grâce à un journal alimentaire et émotionnel.

  • Trouver d’autres moyens d’apaiser ses émotions (sport doux, dessin, écriture, relaxation).

  • Consulter un thérapeute spécialisé si ces compulsions sont trop envahissantes.

4. Le rôle des signaux environnementaux

L’environnement influence fortement nos comportements alimentaires :

 

  • La télévision et le grignotage automatique : manger devant un écran favorise la surconsommation.

  • Les aliments visibles et accessibles : un placard rempli de snacks à portée de main facilite les compulsions.

  • Les habitudes familiales ou sociales : grandir dans un foyer où l’on mange tard ou devant la télé renforce certains comportements.

Solutions
  • Éviter de manger devant les écrans pour reprendre conscience des sensations alimentaires.

  • Adapter son environnement : ranger les aliments “tentants” et privilégier des alternatives nutritives accessibles.

  • Changer progressivement les routines du soir pour éviter les déclencheurs.

5. Et si c’était un trouble du comportement alimentaire (TCA) ?

Si les compulsions alimentaires du soir sont fréquentes et sources de souffrance, elles peuvent être le signe d’un trouble du comportement alimentaire comme :

 

  • L’hyperphagie boulimique : crises alimentaires sans comportements compensatoires.

  • La boulimie : compulsions suivies de comportements compensatoires (vomissements, sport excessif, jeûne).

  • L’alimentation émotionnelle sévère : lorsque la nourriture est le principal moyen de régulation des émotions.

Quand consulter un professionnel ?
  • Si ces crises surviennent plusieurs fois par semaine et engendrent de la détresse.

  • Si elles entraînent une perte de contrôle importante et des répercussions sur la santé physique ou mentale.

  • Si la culpabilité post-compulsion est très intense et impacte l’estime de soi.

Un accompagnement par un psychologue spécialisé en TCA peut aider à mieux comprendre ces comportements et à retrouver une relation plus apaisée avec l’alimentation.

En résumé : les 5 clés pour limiter les compulsions alimentaires du soir

  • Éviter la restriction alimentaire en journée.
  • Réduire la charge mentale et anticiper ses repas.
  • Travailler sur ses émotions pour éviter le recours automatique à la nourriture.
  • Modifier son environnement pour limiter les déclencheurs.
  • Demander de l’aide si besoin, notamment en cas de souffrance importante.

Les compulsions alimentaires du soir ne sont ni une fatalité, ni une question de volonté. Elles sont souvent le symptôme d’un besoin non satisfait, qu’il soit physiologique (faim, fatigue) ou émotionnel (stress, solitude). En comprenant leurs origines et en adoptant des stratégies adaptées, il est tout à fait possible d’apaiser ces épisodes et de retrouver un rapport plus serein à l’alimentation.

Comment savoir si j’ai un trouble du comportement alimentaire (TCA) ?

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont des pathologies complexes qui vont bien au-delà de la simple volonté de contrôler son poids. Ils affectent la relation à la nourriture, au corps et à soi-même, entraînant une souffrance psychologique et physique importante. Mais comment savoir si votre relation à l’alimentation est problématique ?

 

Beaucoup de personnes vivent avec un TCA sans en être pleinement conscientes, car ces troubles peuvent être insidieux et socialement normalisés (régimes extrêmes, obsession du « manger sain », culpabilité alimentaire…). Dans cet article, nous verrons comment mieux identifier les signes évocateurs d’un TCA, en nous appuyant sur le modèle bio-psycho-social qui explique comment ces troubles se développent.

1. Qu’est-ce qu’un TCA ?

Un trouble du comportement alimentaire est une dérégulation durable de l’alimentation, influencée par des facteurs psychologiques, biologiques et environnementaux. Il ne s’agit pas seulement d’une mauvaise habitude alimentaire, mais d’un trouble mental reconnu nécessitant une prise en charge adaptée.

 

Les TCA les plus connus sont :

  • L’anorexie mentale : restriction alimentaire extrême et peur intense de prendre du poids.
  • La boulimie nerveuse : alternance de crises alimentaires incontrôlées et de comportements compensatoires (vomissements, jeûnes, sport excessif).
  • L’hyperphagie boulimique : crises alimentaires sans comportement compensatoire, souvent associées à un sentiment de perte de contrôle.

D’autres formes existent, comme l’orthorexie (obsession du « manger sain »), l’ARFID (rejet de certains aliments par dégoût ou anxiété) ou le pica (ingestion de substances non comestibles).

2. Quels sont les signes qui doivent alerter ?

Si vous vous posez la question de savoir si vous souffrez d’un TCA, voici quelques indicateurs clés à observer :

Les signes comportementaux
  • Restriction alimentaire : évitement de certains aliments, sauts de repas fréquents.
  • Crises de compulsion : manger de grandes quantités de nourriture en un temps court avec un sentiment de perte de contrôle.
  • Comportements compensatoires : vomissements provoqués, usage de laxatifs, sport excessif, jeûnes après une prise alimentaire.
  • Obsession pour l’alimentation : pensées envahissantes sur la nourriture, planification excessive des repas.
  • Rituels alimentaires : découper les aliments en tout petits morceaux, manger très lentement, ne manger que certains types d’aliments.
Les signes émotionnels et cognitifs
  • Peur intense de prendre du poids, même en étant à un poids normal ou insuffisant.
  • Distorsion de l’image corporelle : perception erronée de son corps (se voir « trop gros » malgré une maigreur évidente).
  • Culpabilité alimentaire excessive : se sentir coupable après chaque prise alimentaire.
  • Perte de plaisir alimentaire : manger devient source d’angoisse et de contrôle.
  • Isolement social : éviter les repas entre amis ou en famille pour masquer ses comportements.
Les conséquences physiques
  • Perte de poids rapide ou oscillations de poids sans raison médicale apparente.
  • Fatigue chronique, vertiges, évanouissements.
  • Problèmes digestifs : constipation, douleurs abdominales, reflux acide.
  • Aménorrhée (absence de règles) chez les femmes.
  • Problèmes dentaires (érosion de l’émail causée par les vomissements fréquents).

Si plusieurs de ces signes résonnent en vous, il est important de ne pas les minimiser et d’en parler à un professionnel.

3. Le modèle bio-psycho-social des TCA

Le développement d’un TCA est influencé par trois grandes catégories de facteurs : biologiques, psychologiques et sociaux.

Les facteurs biologiques
  • Prédispositions génétiques : certaines personnes ont une vulnérabilité héréditaire aux TCA.
  • Altérations neurobiologiques : dérèglements des neurotransmetteurs impliqués dans la régulation de l’appétit et des émotions (dopamine, sérotonine).
  • Carences nutritionnelles : une alimentation déséquilibrée peut perturber les signaux de faim et de satiété.
Les facteurs psychologiques
  • Troubles anxieux ou dépressifs : de nombreuses personnes souffrant de TCA ont une anxiété élevée ou des antécédents dépressifs.
  • Faible estime de soi : l’insatisfaction corporelle et la recherche de contrôle sont fréquentes.
  • Perfectionnisme et rigidité cognitive : tendance à vouloir tout maîtriser, difficulté à gérer l’incertitude.
  • Traumatismes et expériences de vie difficiles : violences, harcèlement, rejet social, deuils…
Les facteurs sociaux et culturels
  • Pression sociétale sur l’image corporelle : les standards de beauté valorisent souvent la minceur extrême.
  • Environnement familial : commentaires négatifs sur le poids durant l’enfance, parents eux-mêmes préoccupés par leur alimentation.
  • Culture des régimes : dès l’adolescence, beaucoup de jeunes sont exposés aux diktats du « manger sain » et du contrôle du poids.

4. Que faire si je pense avoir un TCA ?

Si vous vous reconnaissez dans plusieurs des signes évoqués, il est essentiel d’en parler. Les TCA sont des troubles sérieux, mais une prise en charge adaptée permet d’en sortir.

 

Voici les premières étapes à envisager :

 

  • Consulter un professionnel : un psychologue spécialisé en TCA, un psychiatre ou un diététicien formé peut vous aider.
  • Éviter l’auto-diagnostic : il est normal d’avoir des inquiétudes, mais seul un professionnel pourra poser un diagnostic précis.
  • Tenir un journal alimentaire et émotionnel : noter ce que vous mangez et vos émotions peut aider à repérer vos déclencheurs.
  • Briser l’isolement : parler à une personne de confiance (ami, famille, thérapeute) peut être un premier pas.
  • Éviter les régimes restrictifs : ils entretiennent souvent les compulsions alimentaires et le cycle des TCA.

5. Conclusion : écouter les signaux et demander de l’aide

Les TCA ne sont ni une mode, ni un caprice, mais de véritables souffrances qui méritent d’être prises en charge. Si vous avez des doutes sur votre relation à l’alimentation, il est important de ne pas attendre et de consulter un professionnel. Plus la prise en charge est précoce, meilleures sont les chances de guérison.

 

Vous avez le droit de demander de l’aide, et surtout, vous méritez d’aller mieux. N’hésitez pas à consulter le site de la FFAB

Les causes des troubles du comportement alimentaire (TCA) : comprendre pour mieux agir

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont des pathologies complexes et multifactoriels. Contrairement aux idées reçues, ils ne résultent pas simplement d’un désir de minceur ou d’un manque de volonté. Ils s’inscrivent dans un mélange de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux qui interagissent et influencent la relation d’un individu avec l’alimentation et son corps.

 

L’un des modèles les plus utilisés pour comprendre ces troubles est le modèle bio-psycho-social proposé par Peter Kinderman. Ce modèle met en évidence l’interaction entre les prédispositions biologiques, les expériences personnelles et les influences sociales dans le développement des troubles mentaux, y compris les TCA. 

1. Facteurs biologiques

Les recherches montrent que les TCA ont une base biologique, incluant des facteurs génétiques, neurologiques et hormonaux qui prédisposent certains individus à développer ces troubles.

Prédisposition génétique

Les études sur les jumeaux et les familles montrent une certaine hérédité des TCA. Certains gènes impliqués dans la régulation de l’humeur, du comportement alimentaire et du métabolisme pourraient influencer la vulnérabilité à ces troubles.

Dysfonctionnements neurologiques

Les circuits cérébraux liés à la récompense, au contrôle des impulsions et à la perception du corps sont souvent altérés chez les personnes souffrant de TCA. Le système dopaminergique, qui joue un rôle clé dans la régulation du plaisir et de la motivation, semble particulièrement impliqué dans la boulimie et l’hyperphagie.

Déséquilibres hormonaux

Les hormones impliquées dans la faim et la satiété, comme la leptine et la ghréline, peuvent être perturbées chez les personnes souffrant de TCA, contribuant à des comportements alimentaires dysfonctionnels.

2. Facteurs psychologiques

Les expériences individuelles et les traits de personnalité influencent grandement la vulnérabilité aux TCA.

Faible estime de soi

Beaucoup de personnes atteintes de TCA ont une faible estime d’elles-mêmes et une tendance à l’autocritique. L’alimentation et le contrôle du poids deviennent alors des moyens de se sentir valorisé.

Anxiété et trouble de l'humeur

Les TCA sont souvent associés à des troubles anxieux, à la dépression ou au trouble obsessionnel-compulsif (TOC). L’anorexie peut procurer une sensation de contrôle, tandis que la boulimie et l’hyperphagie peuvent être des réponses à un stress émotionnel intense.

Traumatismes et évènements de vie

Les expériences traumatiques, comme les abus physiques ou psychologiques, les moqueries sur le poids ou une pression excessive autour de l’apparence, sont des déclencheurs fréquents des TCA.

3. Facteurs sociaux et culturels

Le contexte social et culturel joue un rôle majeur dans la construction des comportements alimentaires et de l’image corporelle.

Influence des médias et des réseaux sociaux

L’omniprésence des idéaux de minceur dans la publicité, les magazines et sur les réseaux sociaux favorise une pression constante sur le corps, poussant certaines personnes à adopter des comportements alimentaires extrêmes pour correspondre à ces standards.

Pression familiale et environnementale

Les commentaires sur le poids, les habitudes alimentaires et les attentes familiales peuvent influencer le développement des TCA. Une atmosphère familiale marquée par un contrôle excessif ou des préoccupations autour du poids peut augmenter la vulnérabilité.

Influence des pairs

Les cercles sociaux peuvent renforcer des comportements alimentaires restrictifs ou excessifs, notamment à travers des discours valorisant certaines pratiques alimentaires ou des habitudes sportives extrêmes.

Une interaction dynamique

Le modèle bio-psycho-social de Kinderman souligne que ces différents facteurs ne fonctionnent pas de manière isolée, mais interagissent constamment. Une personne génétiquement prédisposée aux TCA pourrait voir son trouble déclenché par un stress psychologique intense ou par une pression sociale exacerbée.

Conclusion

Les TCA ne peuvent être réduits à une cause unique. Ils résultent de l’interaction complexe entre des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. Une prise en charge efficace nécessite donc une approche globale qui prend en compte ces différentes dimensions, en intégrant un accompagnement médical, psychologique et un soutien social adapté.

Comprendre ces causes permet non seulement d’améliorer la prévention des TCA, mais aussi de proposer des prises en charge plus adaptées aux besoins de chaque individu.

 

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter le site internet de la FFAB

Les différents types de TCA : anorexie, boulimie, hyperphagie, et autres formes méconnues

tca
Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont des pathologies complexes qui affectent des millions de personnes à travers le monde. Contrairement à certaines idées reçues, ils ne se résument pas à une simple volonté de maigrir ou à un manque de contrôle sur son alimentation.

Les TCA sont des troubles psychologiques profonds qui impliquent une relation conflictuelle avec la nourriture, le corps et souvent une détresse émotionnelle sous-jacente.

Si l’anorexie mentale, la boulimie nerveuse et l’hyperphagie boulimique sont les plus connues, il existe d’autres formes de TCA moins médiatisées mais tout aussi invalidantes. Dans cet article, nous allons explorer les différents types de TCA, leurs manifestations, leurs conséquences et les approches possibles pour s’en sortir.

 

1. L’anorexie mentale

L’anorexie mentale est un trouble grave qui se caractérise par une restriction alimentaire extrême, une peur intense de prendre du poids et une perception déformée de son corps. Les personnes concernées tendent à se voir en surpoids même lorsqu’elles sont très maigres. L’anorexie s’accompagne souvent d’une hyperactivité physique, d’un besoin de contrôle excessif et d’une anxiété importante liée à l’alimentation.

 

Signes et symptômes :

    • Perte de poids importante et rapide

    • Peur intense de grossir, même en sous-poids

    • Obsession pour le comptage des calories et la qualité des aliments

    • Rituels alimentaires stricts (manger très lentement, couper les aliments en petits morceaux, etc.)

    • Hyperactivité physique

    • Isolement social

    • Déni de la maigreur

    • Troubles hormonaux (aménorrhée chez les femmes, perturbations hormonales chez les hommes)

    • Fatigue, déshydratation, problèmes cardiaques

L’anorexie mentale peut être restrictive (restriction alimentaire stricte sans crise de compulsion) ou avec crises et comportements compensatoires (vomissements, prise de laxatifs, etc.).

 

2. La boulimie nerveuse

La boulimie nerveuse se caractérise par des épisodes réguliers de consommation excessive d’aliments (crises de boulimie), suivis de comportements compensatoires pour éviter la prise de poids (vomissements provoqués, exercice excessif, jeûne, prise de laxatifs ou de diurétiques).

 

Signes et symptômes :

    • Prises alimentaires excessives et incontrôlées

    • Sentiment de honte et de culpabilité après les crises

    • Vomissements provoqués, prise de laxatifs, jeûne compensatoire

    • Maux de gorge récurrents, problèmes dentaires (érosion de l’émail dentaire)

    • Oscillations de poids

    • Troubles digestifs

    • Isolement social, anxiété et dépression

Contrairement à l’anorexie mentale, les personnes souffrant de boulimie ont souvent un poids dans la norme, ce qui peut rendre le trouble plus difficile à détecter.

3. L’hyperphagie boulimique

L’hyperphagie boulimique est similaire à la boulimie, à la différence que les crises alimentaires ne sont pas suivies de comportements compensatoires. Ce trouble entraîne souvent une prise de poids importante et s’accompagne d’une grande détresse psychologique.

 

Signes et symptômes :

    • Crises de compulsions alimentaires sans sensation de faim

    • Incapacité à s’arrêter de manger, même en cas d’inconfort

    • Sentiment de honte et de culpabilité après les crises

    • Mange souvent seul(e) pour cacher son comportement

    • Prise de poids progressive

    • Dépression, anxiété et faible estime de soi

4. L’orthorexie

L’orthorexie est une obsession pour une alimentation perçue comme « saine », au point que cela altère la vie sociale et le bien-être psychologique. Ce trouble est encore débattu dans la communauté scientifique mais présente de nombreuses similarités avec les TCA.

 

Signes et symptômes :

    • Obsession pour la qualité des aliments (bio, non transformés, « sains »)

    • Exclusion de nombreux groupes alimentaires

    • Anxiété intense à l’idée de manger quelque chose de « mauvais »

    • Isolement social lié aux restrictions alimentaires

5. Le trouble d’alimentation sélective (ARFID)

L’ARFID (Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder) est un trouble caractérisé par une sélection alimentaire extrême, souvent déterminée par la texture, la couleur ou l’odeur des aliments.

Contrairement à l’anorexie mentale, l’ARFID ne repose pas sur une peur de grossir.

Signes et symptômes :

    • Rejet de certaines textures, goûts ou odeurs

    • Difficulté à manger une variété d’aliments

    • Carences nutritionnelles

    • Angoisse intense face à la nouveauté alimentaire

6. Autres formes de TCA moins connues

    • Le pica : ingestion de substances non comestibles (terre, craie, savon, etc.).

    • Le mérycisme : régurgitation volontaire et remastication des aliments.

    • La bigorexie : obsession pour le sport et le développement musculaire, souvent accompagnée de restrictions alimentaires strictes.

Conclusion

Les TCA sont des troubles complexes qui affectent la santé physique et mentale. Une meilleure reconnaissance de ces différents troubles permet un diagnostic précoce et un accompagnement adapté. Si vous vous reconnaissez dans ces descriptions, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé pour un accompagnement.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur la relation avec l’alimentation et le chemin vers une alimentation apaisée ? Consultez ma boutique e-books ou contactez-moi pour un suivi personnalisé.

 

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de la FFAB.

Comment bien choisir son psychologue ?

bien choisir son psychologue

comment bien choisir son psychologue

Le premier pas

comment bien choisir son psychologue

A priori, si vous lisez cet article, c’est que vous avez pris la décision de consulter un psychologue, et pour cela : félicitations ! Cette décision est la première étape vers le changement et un mieux être ! Oui, mais ensuite ? Si malgré votre motivation, vous ne savez pas par où commencer pour trouver un thérapeute qui vous conviendra…. vous êtes au bon endroit !  En effet, nous allons voir dans cet article les différentes étapes pour trouver LE psychologue qu’il vous faut, et tenter de répondre à la fameuse question « Comment bien choisir son psychologue ? ».

Qu'est ce qu'un psychologue ?

comment bien choisir son psychologue

Le parcours

Le psychologue est diplômé d’un master en psychologie et son travail est d’accompagner les personnes en souffrance psychologique. Ainsi, le titre de psychologue est protégé par la loi et un code de déontologie existe pour réguler et moduler les pratiques. Le psychologue peut travailler dans des structures médico-sociales très variées (hôpital, clinique, IME, CMP, EHPAD…), ou encore être à son compte en libéral.  De même, le psychologue peut intervenir de différentes manières, notamment en pratiquant la psychothérapie – ce qui nous intéresse ici.    Dans ce cas, il est psychologue – psychothérapeute.

Les différentes spécialités

Le psychologue peut également choisir parmi plusieurs spécialités : la psychologie clinique (ou psychopathologie), la psychologie du développement, la psycho-gérontologie, la psychologie cognitive, la psycho-criminologie, la psychologie sociale, la psychologie du travail etc. En général, le psychologue qui pratique la psychothérapie a suivi un parcours clinique : on parle alors de « psychologue clinicien ».

Les différentes thérapies

En plus de sa spécialité, chaque thérapeute a sa façon de travailler, et il en existe une multitude : la psychanalyse, les TCC (thérapies cognitivo-comportementale), les thérapies systémiques (couple, famille) ; ou encore des thérapies plus récentes comme l’analyse transactionnelle, l’EMDR, l’ACT ou l’hypnose.

En bref, vous l’aurez compris : chaque psychologue est unique ; de par son parcours, sa spécialité, les thérapies qu’il propose… mais également en termes de personnalité ! Mais c’est une bonne nouvelle, puisque cela signifie qu’il existe forcément un psychologue fait pour vous !

Quelle est la différence entre un psychologue, un psychiatre, un psychanalyste et un psychothérapeute ?

comment bien choisir son psychologue

⤳ Attention à ne pas confondre le psychologue avec ses confrères le psychiatre, le psychanalyste et le psychothérapeute !

Le psychiatre

Le psychiatre est diplômé d’études de médecine et s’est spécialisé en psychiatrie : c’est donc un médecin spécialiste.  Il soigne les troubles mentaux et les maladies mentales – entre autres – par le recours à la médication : c’est d’ailleurs le seul à pouvoir prescrire des médicaments !  C’est pourquoi, ses consultations peuvent être prises en charge par la sécurité sociale. D’autre part, l’exercice est protégé et les psychiatres font partie de l’Ordre des médecins.

Le psychanalyste

L’appellation « psychanalyste » n’est rattachée à aucun diplôme légalement reconnu, le titre et l’exercice de la psychanalyse ne sont donc pas contrôlés en France. Il s’agit en général d’un psychiatre ou d’un psychologue formé à la psychanalyse ayant décidé de se spécialiser dans ce courant théorique, fondé par Sigmund Freud. Par ailleurs, un praticien uniquement psychanalyste (non psychiatre et non psychologue) devrait – en théorie – avoir lui-même suivi une analyse, ainsi qu’une formation proposée par une association psychanalytique, et être supervisé par un autre psychanalyste. Néanmoins, il n’existe aucune obligation légale à cela.

Le psychothérapeute

Quant au titre de psychothérapeute, il n’est reconnu que depuis peu (2010 !) et seuls les psychologues, les psychanalystes membres d’une association reconnue et les médecins peuvent y prétendre. De plus, le titre de psychothérapeute n’est délivré qu’après avoir validé une formation théorique (400h) et pratique (5 mois de stage) prodiguées par une université. 

Nous venons ainsi de passer en revue les différences entre psychologue, psychiatre, psychanalyste et psychothérapeute. Cependant, il est important d’ajouter que chaque praticien aura son courant de pensée, sa méthode de travail… mais surtout sa propre personnalité !

Pourquoi consulter un psychologue ?

comment bien choisir son psychologue

A contrario des idées reçues, il n’y a pas que les « fous » qui consultent un psychologue… et ce n’est pas parce qu’on consulte un psychologue que l’on est fou !

Consulter un psychologue devient nécessaire quand vos difficultés génèrent de la souffrance psychique et/ou impactent différents domaines de votre vie. Par exemple, si vous souffrez d’anxiété et que cela devient très handicapant dans votre quotidien, il est tout à fait indiqué – voire recommandé – de consulter un thérapeute. Vous l’aurez compris, pas besoin de souffrir d’un trouble psychiatrique grave pour aller consulter, alors osez prendre soin de vous !

Quel(le) psychologue choisir ?

comment bien choisir son psychologue

Les premières questions à se poser

La première étape primordiale est de faire le point sur vous, sur ce que vous attendez d’un ou d’une psychologue, sur vos besoins et vos objectifs.

Pour commencer, quelle(s) problématique(s) souhaitez-vous travailler ? Avez-vous envie d’entamer un travail sur le long terme en rapport avec cette problématique, ou avez-vous plutôt besoin d’une aide ponctuelle ? Quelle serait votre demande et vos objectifs au cours de ce processus thérapeutique ? 

Ensuite, réfléchissez au profil du psychologue que vous recherchez. Quels critères sont importants pour vous en ce qui concerne le choix de votre thérapeute ? Préférez-vous que cette personne vous écoute sans intervenir, ou au contraire participe activement à l’échange ? Vous sentirez-vous plus à l’aise avec un homme ou une femme ? Quel type de thérapie vous attire le plus ?

Au niveau pratico-pratique, il est également important de vous demander quelle distance vous êtes prêt(e) à parcourir pour vous rendre aux séances.  Imaginons que le lieu du cabinet se situe assez loin de votre lieu de résidence par exemple, cela peut à terme constituer une réticence ou un frein pour vous. De plus, quel budget mensuel envisagez-vous de consacrer à votre thérapie ? En effet, une thérapie peut vite devenir couteuse et malgré le nouveau dispositif de remboursement des psychologues mis en place par l’État, il s’avère en réalité que très peu de psychologues en font partie. Cependant, certaines mutuelles peuvent prendre en charge et rembourser une partie des séances réalisées avec votre psychologue : n’hésitez donc pas à vous renseigner.

⤳ Après ce premier bilan, les réponses obtenues peuvent vous aider à y voir plus clair et à affiner vos recherches pour trouver la perle rare !

Choisir un homme ou une femme ?

Cette question revient souvent ; pourtant c’est à vous seul(e) de décider. Demandez-vous si vous vous sentiriez plus à l’aise et en confiance avec un homme ou une femme. Cela peut dépendre de votre problématique, mais aussi – et surtout – de votre vécu personnel. Des études montrent par exemple que les femmes auront davantage tendance à s’adresser à des femmes en cas de problèmes de fécondité, tandis que les hommes préféreront confier leurs difficultés sexuelles à des hommes. Cela ne veut pas pour autant dire que les psychologues hommes sont moins compétents que les psychologues femmes.

L'importance du climat de confiance

Une psychothérapie ne peut être efficace que si vous vous sentez à l’aise avec votre thérapeute. Ce climat de confiance est la condition sine qua non pour instaurer ce que l’on appelle une bonne « alliance thérapeutique ». L’alliance thérapeutique décrit le lien fort qui unit le thérapeute et son patient – entre respect, confiance, bienveillance et non-jugement. C’est dans ce contexte que l’échange entre le thérapeute et le patient pourra être riche de sens, et la thérapie bénéfique pour amener le patient vers un mieux être. Encore une fois, fiez vous à votre ressenti !

Être patient

Trouver LE thérapeute qui nous convient peut prendre du temps… et c’est ok ! Vous aurez peut être besoin de consulter plusieurs psychologues avant de trouver le bon, mais même si cela peut être frustrant, n’abandonnez pas ! Après tout… Rome ne s’est pas construite en un jour !

Où trouver son psy ?

comment bien choisir son psychologue

Les psys "gratuits"

Des consultations psychologiques gratuites et totalement prises en charge par la sécurité sociale sont possibles dans les CMP (Centre Médico-Psychologique). Les CMP sont des lieux de soins publics sectorisés proposant des consultations médico-sociales et psychologiques à toute personne en difficulté psychique. Il existe aussi bien des CMP pour enfants et adolescents, que pour adultes. Comment ça fonctionne ? Chaque personne, en fonction de son lieu de résidence, dépend d’un CMP particulier avec qui elle peut prendre contact directement. Malheureusement, la demande étant exponentielle et beaucoup plus importante que l’offre en cours, les listes d’inscription peuvent souvent aller jusqu’à six mois d’attente. Et parfois – pour ne pas dire souvent – le patient a besoin d’une prise en charge immédiate et ne peut pas attendre aussi longtemps.

Le médecin généraliste

Il est tout à fait possible de s’adresser à son médecin généraliste : non seulement il vous connait bien, mais il a l’habitude d’adresser ses patients à des psychologues. Il saura donc vous recommander un thérapeute dans son réseau de professionnels !

Le bouche à oreille

Consulter un professionnel conseillé par un proche présente des avantages certains : cela nous permet de gagner du temps dans nos recherches, et d’être – à priori – garanti des bonnes compétences du thérapeute qui nous a été recommandé. Attention toutefois, car le psychologue formidable de l’ami d’un ami de votre cousin ne sera peut être pas formidable pour vous ! De plus, cette situation peut s’avérer délicate pour le professionnel de santé, qui peut se retrouver coincé dans un conflit de loyauté menaçant son secret professionnel. En effet, les limites du cadre ne sont pas toujours évidentes dans le cas où le psychologue reçoit deux amis, ou encore deux membres de la même famille. Dans ce dernier cas d’ailleurs, il est très rare qu’un thérapeute reçoive plusieurs membres d’une même famille séparément.

Les annuaires en ligne (Des Pages Jaunes à Doctolib)

Il existe bon nombre d’annuaires en ligne répertoriant les différents professionnels de santé, et dont l’offre est évolutive. Le premier et le plus simple est l’annuaire des Pages Jaunes, qui permet de trouver les coordonnées des différents professionnels de santé autour de chez soi. Les informations obtenues pouvant sembler limitées, vous pouvez aussi vous tourner vers les divers annuaires gratuits en ligne, classant les psychologues par catégories. En effet, selon les annuaires, vous avez la possibilité de lancer une recherche selon des critères précis : lieu géographique, spécialité, thérapies proposées, public accueilli, problématiques prises en charge, tarifs etc. Cet outil est alors très pratique, notamment si vous avez réalisé ce premier travail de « sélection » comme expliqué plus haut. L’offre et la demande évoluant sans arrêt, il existe également des plateformes comme « Doctolib », reprenant les mêmes caractéristiques qu’un annuaire classique, mais avec la possibilité en plus de prendre rendez-vous en ligne.

Google

Internet… cet outil fabuleux ! Rien de plus simple que d’effectuer une recherche Google de nos jours. Qui plus est, vous avez la possibilité d’orienter votre recherche selon le type de professionnel recherché, votre lieu de résidence ou encore la spécialité désirée ! Aujourd’hui, la plupart des psychologues créent leur site internet, ce qui vous permet – à vous (futurs) patients –  de vous faire une première idée sur eux. Vous aurez accès à leur parcours, leur orientation théorique et leur méthode de travail, aux thérapies qu’ils proposent… ou encore des informations plus pratiques comme leurs tarifs, l’adresse de leur cabinet et les différents moyens de les contacter. Mais surtout, visiter le site internet d’un psychologue peut vous aider à savoir si vous avez un premier « feeling » avec lui. Ce feeling peut aussi bien se jouer à travers l’esthétique de son site internet (design, couleurs), que des mots choisis par exemple.

En réalité, cette première «  vitrine » à laquelle vous aurez accès est un bon indicateur, pour la simple et bonne raison que le site internet reflète la personnalité du psychologue. Ainsi, vous pourrez déterminer si vous souhaitez aller plus loin, et le contacter pour prendre rendez-vous !

Conclusion

En résumé, trouver un (bon) psychologue est tout un processus, et peut parfois prendre du temps. Toutefois, si vous vous posez les bonnes questions et suivez ces conseils, vous avez toutes les chances de trouver le thérapeute qui vous conviendra ! Alors, qu’est ce que vous attendez ? 😉

Pour me découvrir davantage...

Panier